Le défi de la présence ou l’urgence d’être dans le soin du périnée

Il y a 10 ans, je ne voulais plus faire d’examen vaginal pour travailler. Être dans la présence venait remplacer l’examen et le diagnostic clinique, la thérapeutique manuelle, les exercices à faire faire aux femmes . Etrange positionnement pour une sage-femme, mais c’était comme ça que je le ressentais.

Puis, j’ai commencé à faire savoir à mes paires ce choix et ma volonté de le remplacer par une approche globale pour la rééducation périnéale. J’ai reçu des regards condescendants et peu de curiosité pour savoir où mon expérience me menait.  10 ans auparavant, nous étions encore en territoire inconnu pour des professionnelles. J’étais dans l’urgence d’être alignée avec les valeurs de respect de la personne et ma manière de vivre la relation d’aide.

J’ai décidé ensuite de partager et faire découvrir aux sages-femmes curieuses, ce qu’il était possible de faire sentir sans examen vaginal avec des mises en situation réelle. Certaines ont vécu une expérience merveilleuse, d’autres ont jugé cela «impudique et non professionnelle». L’impudeur, parce qu’il impliquait de dialoguer avec l’intéressée et de lui demander : « alors, que ressens-tu ? » Je venais aussi ouvrir la conscience qui venait dire « est-il possible que mon geste soit sujet de maltraitance ? » Je devenais subversive.

Le non professionnalisme, parce que je n’évaluais pas de façon chiffrée et ne diagnostiquais pas directement l’état du périnée. Aller au-delà du diagnostic signifie « éduquer la femme à pouvoir ressentir et faire par elle-même son propre état des lieux ». Je n’étais plus celle qui dit ce qui est, chez l’autre. Dans l’accompagnement, le temps de l’autre est important. Alors, en pratique, j’attends le temps qu’il faut pour qu’une femme ressente et parle seulement de ce qui émerge de l’expérience.

Ainsi, l’acte de laisser parler la femme de son corps est encore mal perçu chez les professionnels. Apprendre à la laisser parler d’elle lui permet pourtant de s’écouter vraiment, parfois pour dire des énormités (auxquelles elle ne fait que croire), parfois de très belles choses ou des choses très dures. Cette poésie des mots vient de l’âme qui parle en elle. La dureté vient de la souffrance de l’âme ignorée. Par défaut de s’exprimer dans la corporalité, les mots amènent vers l’expression de l’âme. Mais est-ce que ce qu’on dit est toujours le reflet de la réalité de ce qu’on vit ou ce qu’on croit ?

En quoi mon approche est impudique ? La femme  habillée est allongée (sur le ventre) sur ma table d’examen. J’ouvre ma présence. Cela veut dire « n’être là que pour elle ». Après une période de silence, je l’entoure, mes bras et mes mains posés autour de sa base (ou l’ensemble formé par le bassin, les organes, le périnée). Je suis présente, disponible à 100%, si on veut. C’est-à-dire que je suis là physiquement et intérieurement, en personne. Cela revient à être dans l’instant présent. Pour le praticien, ce chemin est une pratique quotidienne où il fait taire son jugement et s’engage avec son être. Comme un émetteur- récepteur, l’être humain est ultra -sensible à cela. Dans ce contact avec la présence, une personne se modifie qu’elle le veuille ou non. Parfois, nous disons avoir un bon feeling avec quelqu’un. C’est un peu ça. Nous le sentons, nous ne le décidons pas. C’est surtout comme ça que nous percevons la présence. Etre totalement dans la présence avec un tiers permet à l’autre de partager l’espace de se sentir unique, entier et complet. Cela demande le murissement des sensations, donc encore du temps. Dans ce contact, chacun est soi-même sans chercher à être quelqu’un d’autre pour répondre aux besoins respectifs. Je n’attends pas d’une femme qu’elle réussisse quoi que ce soit.

En étant dans la présence, je suis dans l’écoute profonde. Je reçois directement une information venant de l’intérieur de la femme qui s’apaise et se découvre ou pas. Nul besoin de « l’examiner ». Je ressens ce qui s’exprime d’elle. Je me mets à l’écoute de son mouvement intérieur et son rayonnement extérieur. Je me mets à l’écoute de son besoin le plus profond. Et je traduis. Comme un interprète de  l’ONU traduirait le langage du monde, les choses qui se passent. Je suis juste un pont, un lien entre les sensations, les perceptions et le ressenti.

Lorsque la femme est prête à expérimenter sans contact, je continue à la guider à distance en proposant des exercices sur une bûche, au sol, sur une chaise, en marchant etc…Il s’opère une sorte de détachement en parallèle avec la confiance que la femme gagne dans ses capacités. Je la guide afin de l’aider à s’écouter dans toute sa corporalité, à rétablir le lien avec sa physiologie, la nature des choses et ensuite à suivre son « bon sens ». Son bon sens la conduit à sa raison. Sa raison conduit sa volonté de voir, se confronter et changer ou pas ses habitudes. Suivant son aptitude à rester curieuse, la femme navigue de découverte en découverte.

Qu’est-ce qui fonctionne ? Retrouver le bon sens en soi restaure l’intelligence du corps et lui redonne la confiance dans ses capacités sensitives et motrices. La femme redécouvre qu’elle s’auto répare ou évite d’empirer son état, à son rythme, en recevant du soutien dans son aptitude d’être à l’écoute d’elle-même, à développer son champ et ses états de conscience et à entretenir ce qui lui fait du bien ou pas (dans sa manière de vivre).

Le défi de la présence est une manière d’oser faire confiance à l’humain en soi et en l’autre. Le faire ou faire faire à l’autre est abandonné au profit du minimalisme d’être soi, pleinement conscient et du « faire sentir ». Ce minimalisme étant une richesse absolue dénoue une part de la complexité humaine.

En tant que professionnelle de santé, ce positionnement est un vrai défi, mon d’urgence « d’être », authentique ou de me sentir vraie à chaque fois que je me présente devant l’autre en consultation. Je travaille certes, mais sans machine ou sans technique. En symétrie, cela s’inscrit dans la même urgence “d’être”  pour les femmes qui viennent en consultation, même si elle ne le réalise pas toujours.

Ce pari fou de la présence demande de libérer des espaces, c’est-à-dire du temps de vie (cela demande plusieurs semaines, voire des mois, il n’y a pas de programme accéléré et c’est individuel), de faire de la place dans le corps et se libérer de la tête qui pense. En fin de compte, cela permet de voir les choses sous d’autres angles.

Ceci est le pari fou du minimalisme et de la simplicité. Pas de machine, pas de technique à proprement parlé, pas trop de connaissances à délivrer, pas d’exercices à faire à la maison, il faut une personne qui transmet et une qui participe en se responsabilisant.

Ce pari fou redonne de la vitalité à ce territoire mal connu du périnée en replaçant la femme (dans son humanité, son essence, dans l’affectif) et au centre de ses propres soins.

Vivre dans la présence est une manière de prendre soin de soi au quotidien, de prendre soin de son périnée.

Fanja Randriamanjato

écrit en Mars 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Qu’est-ce que la “bonne” présence à l’autre ?”

…/…Une petite histoire 

extraite de mon livre en cours d’écriture “le périnée féminin et le défi de la présence” fanja randriamanjato

Imaginez une rivière qui court dans une vallée. A chaque saison, l’eau de la rivière varie. Elle se raréfie en été, se renforce avec les pluies d’automne, se gèle par endroit dans le plus fort de l’hiver et retrouve sa chaleur et sa vivacité au renouveau du printemps. Imaginez un saule pleureur, généreux avec ses branches qui tombent, fines et élégantes. Planté au bord de la rivière, il veut du bien à la rivière qui coule à ses pieds. Il voit bien que la rivière s’émeut aux changements de saison. Le saule offre généreusement ses branches pour soulager la rivière de ces tourments. Au fil des saisons, les branches du saule s’allongent laissant penser à la rivière qu’elle n’est plus seule à affronter les variations des saisons. Avec le temps, le saule finit par être déraciné jusqu’à être vidé de toute substance. La rivière  se tournera vers un autre arbre qui pourra lui apporter soutien et protection.

Imaginez à présent, que l’arbre est un pin parasol, bel arbre de méditerranée. Il est enraciné là aux abords de la rivière. Son tronc est dressé vers le ciel et cherche la lumière au-dessus de lui. Son feuillage s’étire largement, laissant passer la lumière au travers. La rivière s’écoule, perçoit la présence de l’arbre majestueux. A ses côtés, elle découvre l’effet de son léger ombrage tamisé et sa fraîcheur. La présence de l’arbre n’entrave l’expression des émotions de la rivière dans la survenue des changements de saison. Au contraire, cela lui permet de se laisser traverser, de ressentir et reconnaître que ce sont les propres mouvements de son existence.

Le saule est trop généreux et se perd lui-même dans l’autre. Le pin parasol est dans la présence à l’autre et reste lui-même.

…/…

extrait de mon livre en cours d’écriture “le périnée féminin et le défi de la présence” fanja randriamanjato .

Merci de demander la permission pour utiliser ce texte.Tous droits réservés.

être accompagnée dans la découverte du périnée féminin

Voici un extrait de mon livre en cours d’écriture, au titre ; “le périnée féminin et le défi de la présence.”

…/… “L’entretien : les motifs 

Vous avez compris, écouter la femme parler d’elle est une chose nécessaire. Dans la vie contemporaine, cette idée peut prêter à faire sourire les mauvais esprits. Bavardage, radotage, critique, commentaire ou suite de mots du vague à l’âme ou sans utilité, ce qui sort de sa bouche ne semblerait pas la mettre en valeur. Dans la réalité, beaucoup de femmes disent que leurs paroles ont peu de valeur face à des professionnels de santé. Les examens chiffrés sont plus importants que leurs mots qui sont peu ou pas pris en compte, affirment-elles. En vrai, la logorrhée (ou flot de paroles incessants) fait peur au professionnel, le fatigue ou lui fait perdre du temps. Que des motifs pour fuir  ou abréger un entretien.

« Pour quel motif venez-vous ? » Dès la première rencontre, quoi de plus nécessaire que d’entendre une femme parler d’elle et de parler avec elle de ce qui l’amène. Qu’on y croit ou pas, certaines ne savent pas quoi dire d’elles et surtout, de leur périnée. Elles ne savent pas dire ce qu’elles veulent. C’est normal, comment dire : « je viens pour mon périnée, j’aimerais bien en apprendre plus à son sujet. » La majorité des femmes que je reçois viennent après leur accouchement. C’est une circonstance « J’ai accouché. ». En soi, ça semble une raison évidente. Elles ne savent pas vraiment ce qu’est le périnée et pourquoi elles sont là. Mais, elles sont là. Elles ont accouché il y a 6 semaines. Il y a à priori du travail en vue. Au fond, pourquoi viennent-elles ? Beaucoup ne savent pas dénotant d’un manque de conscience. D’autres  savent et veulent prévenir les problèmes futurs signifiant un début de prise de conscience. Les autres femmes viennent justement, parce qu’elles ont des problèmes. « J’ai des fuites d’urines » est le motif le plus fréquent. « J’ai des fuites anales » apparait de plus en plus dans leur dire. Là, il y a le souci du corps défaillant. Il ne répond plus à ce qu’on attend de lui. Elles sont envoyées par un médecin ou une proche, un prescripteur. Celles-ci ont plus de choses à en dire. Mais, c’est « embarrassant, délicat », « voyons, je n’en ai jamais vraiment parlé. » disent-elles. Pour les aider, je les questionne précisément. « Quelle gène les amène ? Comment se passe les choses sur le plan urinaire, anal, sexuel ? Quelle est leur histoire de santé, de gynécologie ou d’accouchements ? » J’ajoute : « Parlez-moi de votre dos, de votre bassin et de vos jambes. Des accidents, des douleurs ? A ce stade, elles s’étonnent, s’empressent de répondre. Quelles sont vos activités sportives, de loisir ? Là, cela devient drôle. Le sport est soit une histoire ancienne, soit une soupape de décompression. Elles en font trop ou pas assez. Dans le travail, que faites-vous ? Les enfants ou le travail, c’est pareil, non ? »

Cet entretien est un vrai moment pour parler de soi. Cela revient à raconter ce que nous vivons, ressentons dans notre corps au fil de la vie féminine, identifier les choix que nous avons relevés pour vivre en notre âme et conscience.  C’est une remise à plat de notre état d’être femme. Ecouter une femme parler d’elle la libère, car si on l’écoute avec empathie, elle commence à s’entendre parler. Quand elle a accumulé des maux (ou les mots), elle a pris sur elle et s’est tue pour « éviter d’embêter les autres ». Dire dans l’écoute bienveillante libère ses mots de la pression de la vie et du silence et par voie de conséquence, désencombre sa conscience. Un phénomène apparaît, cela lui permet de retrouver de l’énergie. Elle se détend.

 Comment lever un tabou ?

Ces choses qu’on fait sur nos toilettes ou pendant l’amour, mais surtout ces ratés ou accidents, qui gênent et qu’on essaie de comprendre sans trouver, sont portés comme un lourd secret. En fait, cela concerne nos parties intimes. On les porte seule. On n’en parle pas aux autres. C’est de l’ordre de l’intime. L’intime, par définition, ne se partage pas. Et, si on devait en parler, « à qui peut-on en faire part ? » disent les femmes.  Dans le premier entretien, l’empathie du praticien est primordiale. Le premier contact établi dans ce qu’on donne à sentir de nous va déterminer ce que la femme va s’autoriser à dire. Le vécu affectif va primer. Lorsque la femme se sent entourée et rassurée intérieurement, elle peut s’ouvrir à ses propres réponses. Elle se délivre du poids, celui du non-dit. Une brèche s’ouvre de cet espace secret du féminin. Clarissa Pinkola Estés, auteure –anthropologue de « la femme qui coure avec les loups » appelle cela, « la zone morte ». Là où il y a un secret honteux, il y a toujours une zone morte dans la psyché de la femme, un lieu qui ne ressent pas les évènements de sa vie émotionnelle ou de celle des autres, ou bien n’y réagit pas correctement. (3) C’est un poids, car cette zone au fil du temps qui passe est extrêmement protégée. On trouve là une infinité de murs et portes, chacune fermée par une vingtaine de verrous. (3)Chaque verrou est un muscle contracté, certain se situe dans la base.

Parler de son corps sans ambages est une capacité typiquement féminine, mais toutes les femmes n’en sont pas capables. Mes règles douloureuses, la taille de mes seins, ma mycose ou autres déboires de la vie féminine ne sont pas parlés toujours aux mères ou autres femmes de l’entourage. Ce dialogue de femme à femme existe quand elles se sentent mutuellement en confiance et protégées.  Mais, il arrive encore que la femme feint en répondant à ce qu’on veut entendre, trop gênée pour dire sa réalité à un professionnel. Si les femmes manquent de confiance en elle, il peut se passer un temps infini avant de décider de consulter et pouvoir dire ce qui se passe en elle. Ce temps où elle se retient de dire l’engonce dans une cuirasse, selon les termes de Marie-Lise Labonté (4). Nos cuirasses sont invisibles, mais se traduisent physiquement (par des douleurs ou signes anomaux) et affectivement, nous empêchent de ressentir. Comme une armure, ces cuirasses pèsent au sens propre comme au sens figuré sur tout le corps qui porte jusqu’à ce que le périnée n’en puisse plus de chercher à s’adapter. Et en effet, il lâche. Le périnée lâche la femme, quand il a atteint sa limite physique. Car le périnée est bel et bien un ensemble de muscles prévus pour supporter notre corps une centaine d’année, mais son capital vital n’est pas sans limite. Comme un appareil qu’on utilise au quotidien en marche forcée, il se dégrade plus vite. Cette manière de vivre notre corps installe l’obsolescence programmée du périnée féminin.

Ainsi, la rééducation après l’accouchement sans motif est un véritable espace dans la vie d’une femme pour faire le point avec son corps de femme et son périnée ou espace secret du féminin. Elle vient découvrir ce rapport de femme à femme. L’important est de lui transmettre une aptitude à s’écouter autrement et ouvrir son propre discernement. Dans une écoute active, il est possible de demander directement « racontez-moi », « précisez combien de fois, dans quelles circonstances, qu’est-ce que ça vous fait ? », cela nécessite d’écouter en étant ouvert et avec curiosité. Cela signifie que l’attitude du praticien n’est pas neutre. Cela implique pour lui d’écouter sans penser, ni interpréter, d’aller au-delà des mots qu’il entend. Ressentir ce que la femme s’imagine d’elle. Percevoir ce qu’elle croit qu’il se passe dans son corps et qu’elle dit à demi-mots. Capter ce que son être dit d’elle dans cette position assise (avachie ou crispée) qu’elle adopte malgré un canapé confortable. Ainsi, écouter devient une ouverture à tous nos sens et donne de la qualité à la rencontre possible. L’expression corporelle de la femme dit parfois qu’elle est fatiguée quand elle affirme qu’elle va bien, qu’elle est perdue quand ses mots parlent de maitrise de son corps, qu’elle a peur quand elle cherche à vouloir tout expliquer. Elle ignore ce qui se passe en totalité parce qu’une grande partie de ce qu’elle vit est conditionnée par ses croyances. D’ailleurs, veut-elle tout savoir de ce qui se trame en elle ? Non, je ne le crois pas. Pour le praticien comme pour la femme, le besoin profond d’une femme devant soi surgit et vient à la surface. « Mais qu’est-ce que j’ai besoin profondément ? » est une question bien difficile à se poser.

La demande clairement exprimée

« Qu’est-ce que je veux pour moi ? »

Pouvoir dire pourquoi je suis là  (le motif) et ce que j’attends de ce travail (la demande) devient une nécessité pour déclencher le mouvement de la conscience. Le début du mouvement de la conscience peut être aussi nommé intention. Être dans l’intention est fondamental pour aller vers l’expérience. Dans une approche globale de la rééducation, la dynamique de participation de la femme est la clé qui ouvre sa conscience. Le praticien et la femme vont aller dans la même direction ensemble, mais quel est le désir de la femme. Ce n’est pas le praticien qui pousse la femme vers ses objectifs ou ce qu’il a senti. Quand la femme dit et affirme où elle veut aller, elle exprime ainsi son désir pour elle-même. Sa volonté propre de vouloir changer quelque chose en découle et sa conscience active le soin.  Le désir pour soi est le point de départ de toute chose. Sans désir, rien ne prend vie. Sans désir, un être se meurt. Le désir donne l’élan vital nécessaire pour accomplir les choses. Le périnée et le désir sont connexes. Cela touche le désir de vivre, le désir d’enfant comme le désir sexuel. Le désir et le périnée sont intimement liés à ce qui rend vivant ou ce qui prend vie chez une personne. Laisser une femme identifier et exprimer son désir pour elle dans la rééducation est l’étape fondamentale qu’un praticien compétent se doit de respecter.

…/…

fanja randriamanjato, 20/04/2017

Extrait d’un livre en cours “le périnée féminin et le défi de la présence.”

Femme moderne

Quand je pense qu’on demande à la femme moderne d’être belle et énergique, d’être soutenant pour les projets de son homme ou ses amies, de proposer une éducation positive aux enfants, d’être épanouie dans son travail, de se réjouir dans son foyer (ou sa  couche…).

Seulement voilà, je rêve de régler mes comptes avec autre chose.
Les séparations, les décès ou les ruptures à égalité …ces choses qui font mal et que personne ne veut aborder dans une bonne conversation.  Cela mobilise trop d’énergie et de peur sur les duretés de la vie. J’appelle cela aussi le principe de réalité. Comment vous dire que quand cela arrive, notre modernité ne nous rend pas plus forte face à l’adversité.  On est face à notre vulnérabilité comme dans le temps de nos mères et grands-mères. Nos illusions de bonheur s’effondrent en un éclair et laissent apparaître le vide en ou devant Soi.
Dépasser le vide brutal, la perte inattendue, le manque et la fausse raison de vivre avec (toute chose), j’y suis arrivée, on y arrivera tout(e)s à un moment ou un autre. Pour moi, ça n’était pas en les comblant de plus de souffrance -justifiant du droit de vivre ou de  survivre etc…Ça n’était pas non plus, en se précipitant sur des évasions  nombreuses et rapides pour oublier vite. On ne peut pas non plus vouloir ou profiter que du bon. “Que du bonheur!”, on l’a tellement entendu qu’on finit par y croire, mais non, ça ne marche pas.
« Accepter tout, car tout est là » (c’est-à-dire accepter le bon ET le pas bon ensemble) et s’ouvrir intérieurement  aux sentiments, aux perceptions qui se présentent, et  au subtile de l’intime de vie. Voilà la clé qui m’a fait redémarrer.  Et surmonter, même sur des cendres, est devenu possible peu à peu. Pour moi, cela fait partie de l’essence du féminin de la vie. L’essence qui redonne sens. Une femme dans son expérience aboutie ou non de maternité(s) et de ses relations affectives sait que tout est là, en elle, dans la chair de sa chair, dans le cœur de son être.

A présent, l’implacable imprévisibilité de l’existence reste encore un problème. Je suis capable d’apprécier le merveilleux des choses simples et positives, mais la soudaineté de la dureté de la vie me secoue littéralement. Je n’arrive pas à en faire mon affaire, ni à me l’expliquer. Je sais très bien que ça existe à différentes échelles. C’est l’instant de noirceur qui surgit sur l’écran de nos vies. Comme le dernier tremblement de terre italien.  Même avec le meilleur service météo, on en a aucun contrôle sur les secousses du destin. On a aucun contrôle ni sur le temps, ni sur l’horreur des événements.

Avec du temps, peut-être, j’accepterai. Avec le temps.

Fanja Randriamanjato

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La mort attend parfois

Porter son bébé

Le portage du bébé par la base

photo

Cette année est le grand nettoyage de printemps. Au détour d’une boite en carton, les photos d’enfance refont surface. Une d’entre elles me fait particulièrement réagir. En 68, j’ai moins d’un an, ma maman me porte dans ses bras. Elle me porte par la base, c’est-à-dire sa main me soutenant sous les fesses, l’autre main m’entourant sur le flanc.

Un soir, je retrouve ma mère autour d’un dîner, je ne peux m’empêcher de lui exprimer mon étonnement par rapport à cette photo.

« Comment se fait-il que tu me portais de cette manière ? »

« Je vous ai toujours porté, ton frère et toi, ainsi depuis le début. C’est comme ça que ma mère m’a appris. »

« Ah bon ? »

« Ma mère m’a dit très peu de choses au sujet de devenir femme, mais par contre quand il s’agit d’être mère, elle m’a transmis plusieurs choses notamment comment porter les bébés. »

« Que t’a-t-elle dit au juste ? »

« Attends que je me souvienne. Elle a dit qu’il faut soutenir le bébé par le bassin pour lui faire sentir son équilibre. Porté ainsi, on devait faire attention à sa tête. »

« Est-ce qu’elle t’a expliqué pourquoi ? »

« Non, pas vraiment. Elle m’a juste dit que c’était comme ça, alors je n’ai pas réfléchi. J’ai appliqué. »

Je conclus. « Et bien, sans le savoir, je transmets la même chose aux parents depuis 20 ans. Porter le bébé en lui faisant sentir qu’il peut se porter lui-même dans l’équilibre. »

Quelle explication, quel sens peut-on donner à cette manière de porter les bébés ?

Il y a du vrai lorsque ma mère retient la question de soutenir le bébé, et aussi de lui faire sentir son équilibre.

Ce qu’elle ne dit pas derrière ses mots, c’est tout la confiance qu’elle a reçu dans la parole de sa mère et dans le fait de la sentir à ses côtés pour lui livrer ce savoir.

Sans conviction, seulement remplie de son expérience de maman, ma grand-mère (qui a eu 14 enfants !) a transmis avec confiance, la capacité qu’on puisse faire confiance au bébé pour trouver son propre équilibre à l’aide du soutien.

Cette transmission dans la confiance et aux côtés du nouveau parent est la condition sine qua non de cette façon de porter le bébé pour que ça ne soit pas qu’un geste vide qu’on répète.

Le soutien se transmet par le soutien, ainsi de suite. Le soutien est à la fois physique et affectif. Pour un soutien optimal, l’un ne va pas sans l’autre.

Le bon soutien

Un bon soutien nécessite confiance, fermeté et souplesse de la part de celui qui porte. Ces caractéristiques intérieures et physiques émanent de toute la personne et non de sa main. La main n’étant que le trait d’union entre lui et le bébé. Le parent qui soutient l’enfant doit être conscient de ce qu’il donne de lui à son bébé, tout autant que ce qu’il reçoit comme informations venant de ce petit être. Cela implique pour le parent de bien sentir son ancrage dans sa propre base et ses pieds dans le sol. Par conséquent, il ne fournit aucun effort ou tension de bras ou d’épaule pour porter le bébé. La fermeté du contact tient de l’ancrage, la souplesse de l’absence de tension des épaules jusqu’aux mains.

Le soutien du bébé dans la base du bébé va lui apporter un appui physique et intérieur.

Un appui physique (horizontal)

Physiquement, la base est comme un socle formé par l’ensemble du bassin, les organes du bassin et le périnée profond et d’où part la colonne. Chaque corps vertébral s’empile jusqu’à former un axe vertical qui soutient la tête. Ce socle se stabilise dans l’équilibre par les appuis dans les pieds et la tonicité des muscles du périnée. C’est de la base ( complétée par les pieds en grandissant) que l’être humain se porte et se redresse au fil du développement moteur. Dans l’expérience de ce soutien qui se répète jour après jour, le bébé va ressentir qu’il est capable de porter son propre poids et se redresser sans qu’il y ait besoin de faire un effort musculaire, s’il est en contact avec la notion d’équilibre. En grandissant, l’enfant va ressentir qu’il va être capable de se contenir et se laisser aller au niveau des organes du petit bassin, toujours sans effort.

Un appui intérieur

La base est aussi le siège de notre ressenti et notre perception. Se poser dans la base signifie se laisser aller et se détendre intérieurement dans cette zone du corps. La base est un carrefour stratégique dans le corps humain. En raison de ce qui la constitue, un nombre important d’informations (liquides, électriques, matières etc…) circulent dans toutes les directions à l’intérieur de la base. Elle relie l’ensemble des parties du corps entre elles (haut-bas, droite-gauche, devant-derrière) et en association à l’axe vertébral, elle participe à  la coordination des membres entre eux (permettant un mouvement global du corps). Cela procure ainsi beaucoup de sensations tout au long d’une vie, dans l’activité comme le repos. Plus la base est « mobile » et dotée de souplesse, plus les informations circulent et procurent des sensations agréables. Plus elle est fixée et crispée, plus les informations se figent et l’éventail des sensations se limite. Cela est valable pour le bébé comme l’adulte.

Une question de confiance en soi

D’une certaine façon, le ressenti dans la base relie une personne au confort intérieur.  La stabilité de la structure osseuse donne une sécurité dans les capacités physiques et motrices, qui devrait nous habiter toute notre vie. L’expérience humaine se forge dans un mélange de sentiment et sensations complexes tel un for intérieur qui amène vers une confiance en soi. C’est en quelque sorte un point de référence ou indicateur interne répondant à « comment on se sent en SOI».

En soutenant le bébé par la base, le parent reste à l’écoute de son tonus et de la capacité que ce dernier a de ressentir le potentiel de son propre mouvement. Le parent permet au bébé, s’il est lui-même bien en lien avec sa base, de découvrir ce confort physique et cette confiance intérieure. Il amorce la transmission de la confiance en sa propre existence et de son potentiel. Il amorce aussi la transmission de la confiance en l’autre.

Le principe de réalité

La réalité des parents est qu’ils ont peu conscience de ce qui se passe dans leur propre base et que par conséquent, en tant que personne voire parent, la confiance en soi est en cours de maturité. Elle s’apprend jour après jour. Cela est encore plus probant pour une nouvelle mère qui a traversé la grossesse. Pour la femme, être enceinte signifie vivre une succession d’état d’équilibre précaire en équilibre précaire dans des délais très courts. Le sentiment de la base est mis à l’épreuve au fil de la croissance du fœtus, le bassin et le dos subissant de nombreuses tensions, ses organes aussi par compression. Après son accouchement, même normal, la femme ne saura peut-être plus « sur quel pied dansé ». Il peut y avoir un décalage entre la sensation d’appui  ou d’équilibre physique et intérieur. A cause de la fatigue, le côté physique est modifié après l’accouchement. Pour l’homme, devenir père ne le transforme pas physiquement, mais peut le modifier dans ce qu’il ressent ou pense. Pour tous les deux, le changement de rythme de vie (sommeil notamment) les rend vulnérable.

Le manque de soutien

Cela signifie que si l’on ne se sent pas soutenu pleinement (en soi ou/et par l’autre), le portage de l’enfant n’apporte pas les bénéfices escomptés, voire même peut donner l’effet contraire, c’est-à-dire une insécurité par manque de stabilité ou de fermeté et de souplesse dans le soutien.

A cause de ce principe de réalité, les parents ne pourront offrir de manière optimale ce soutien. Il n’y a pas à s’inquiéter de cela, car il faut être conscient que cette conscience va grandir au fil de l’expérience au contact du bébé qui grandit et du lien qui s’installe, du temps qui passe, ou du nombre d’enfants dont on s’occupe.

Le soutien mutuel

Après la naissance, le soutien mutuel entre parents va permettre de pallier au passage déstabilisant de l’accouchement. Il permet aussi de traverser et surmonter l’épreuve  de la vulnérabilité intérieure que cela provoque. De même, le soutien mutuel dans le couple va permettre de donner de la solidité dans le soutien du bébé. Ce dernier devant s’adapter à sa nouvelle vie et son environnement encore inconnu. Se sentir porter dans la base va lui permettre de se confronter à la réalité physique qui s’impose à lui sans se sentir perdu dans ce monde inconnu. En se sentant en contact avec ses sensations propres, le bébé va apprendre à surmonter les difficultés en découvrant ce dont il est capable. L’expérience de ce soutien au quotidien va aider la maturation progressive de ses capacités motrices et de son sentiment intérieur avec le temps.

Le soutien entre parents aide le développement de leur propre base et de leur confiance. Le soutien de l’enfant dans sa base se renforce petit à petit avec celui de ses parents, parfois le temps d’une vie.

Le soutien se transmet par le soutien, d’une personne à une autre. Le soutien est à la fois physique et affectif. Pour un soutien optimal, l’un ne va pas sans l’autre, et le temps qu’on se donne pour y parvenir est essentiel.

Fanja Randriamanjato,

écrit en juillet 2016

 

 

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Réponse à un article : “20 alternatives au “comment s’est passée ta journée ?”

Bonjour,

Suite à la lecture de l’excellent article de papapositive.fr , j’ai un souvenir et une réaction immédiate à ce sujet.

20 alternatives au « comment s’est passée ta journée ? »

Quand mon fils revenait de l’école, je lui disais : “qu’as tu fait aujourd’hui ?” Il me répondait:  “rien comme d’habitude ?”  Je suis restée sur ma fin. Je n’ai pas insisté.

Comme beaucoup de parent bien pensant-bien faisant, je me suis intéressée à savoir comment se passait la journée d’école de mon enfant. M’intéresser à lui était synonyme de vouloir savoir, un peu comme leur père rentrait le soir et à qui je demandais “comment s’est passée ta journée ?”

Poursuivant mon idée, j’en ai parlé avec la maîtresse qui m’a dit comment leurs journées étaient bien  remplies et bien sûr que ça se passait bien. J’ai fini par prendre les choses avec humour, ne m’intéressant finalement qu’à ce qu’il voulait bien partager avec moi.

Des années plus tard, j’assiste à une formation en pédagogie. Voilà ce que j’y ai entendu : les parents oublient trop souvent tout ce que les enfants vivent à l’école. D’une certain façon, les enfants partent à la GUERRE pour la journée.

Cela signifie que les enfants traversent au cours d’une journée un émotionnel très fort où il a été question de “qui est le chef de la cour de récré, est-ce que je suis ou suis(vre) le chef ou le lieutenant , copain ou pas copain, je l’aime ou je l’aime pas, le bon pour moi ou pas bon etc..” Ainsi, lorsqu’on cherche à savoir tout de suite le résumé de la journée, on ne respecte pas l’intime de son enfant. On ne prend pas en compte qu’ils ont eu une journée forte en émotions et que restituer son contenu est pour eux une chose très compliquée.

L’intime étant ce qu’on ne partage pas. Il est le trésor personnel de quelqu’un.  Par exemple, nous parlons bien des parties intimes, elles ne se partagent pas en public. L’intime est bien distinct de l’intimité, ce dernier représentant ce qu’on partage avec un proche.

L’éducation d’aujourd’hui qui vise à alléger le stress des enfants ne doit pas oublier qu’il faut différencier l’intime de l’intimité de/avec nos enfants, qu’il faut partir de la dynamique de l’enfant pour en faire quelque chose.

Ainsi, faire exister l’intime de nos enfants relève de la responsabilité des parents. Quand ils reviennent de la guerre, laissons les tranquilles pour que leur journée sédimente et qu’ils se posent enfin en eux. Et attendons qu’ils viennent vers nous ou que vous le sentiez perturbé pour engager un dialogue avec lui et proposer les astuces qui permettent de mettre en mots ce qu’ils ont bien envie de partager avec l’autre.

Cela signifie que les parents permettent à l’enfant d’établir un “ordre d’importance” ou un “rangement de ses sentiments” dans sa parole et par conséquent ses pensées ou émotions. tout ceci dans le respect de la frontière de l’intime et l’intimité.

Bien à vous.

Fanja Randriamanjato

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Etre dans l’affectif

ÊTRE DANS L’AFFECTIF

“Être dans l’affectif” n’a jamais été aussi d’actualités que dans ces jours d’après 13/11/15 et du 14/07/16.
“Être dans l’affectif” nourrit notre sens humain. Il va chercher en nous le partage, l’échange et la mise en commun de quelque chose. Il nous permet de développer du sens collectif . Lorsque la vie devient dure, être soutenu par quelqu’un de proche permet de l’affronter, voire de surmonter.
“Être dans l’affectif” permet de nourrir notre âme et nous met en mouvement de l’intérieur.

Aujourd’hui, en ce moment d’hommage aux victimes, on est dans l’affectif, on se sent affecté d’une manière ou d’une autre. Les uns et les autres se rapprochent pour reformer une entité commune.
“Être dans l’affectif” reprend source quand on perd brutalement ceux et ce qu’aime. Dans la perte, notre être affectif se réveille à nouveau de sa torpeur ou de sa zone de confort.
“Être dans l’affectif” surgit à la perte soudaine de notre sentiment de liberté.

Ce que j’ai compris des kamikazes. Ils sont privés d’affectif. Ils ne ressentent rien des conséquence de leurs actes. Ils sont vides intérieurement , déjà morts en dedans. Ne rien ressentir leur laisse penser qu’ils sont des hommes forts et qu’aller provoquer des sentiments de peur et de tristesse chez les autres est leur force. Leur action sans âme rappelle la vulnérabilité de l’être et la fragilité du corps. Cela réveille les âmes endormies et réactive la conscience. Ils deviennent le point remarquable qui permet aux humains de se voir dans leur léthargie intellectuelle et leur frénésie consumériste inutile.
Ils aident à resserrer les liens sur les questions existentielles : quelle est notre vie actuelle ? Ou en sommes nous?

“Être dans l’affectif” en vient à accepter qu’on éprouve toutes sortes de sensations, d’émotions ou de sentiments bonnes ou pas bonnes, agréables ou désagréables.

L’essentiel est d’accepter que cela nous fasse quelque chose en dedans, sans se sentir vulnérable d’éprouver des choses bonnes ou mauvaises.
Parce que nous sommes en vie de cette manière dans notre plus simple HUMANITÉ.
L’humanité n’est pas de faire des dons de toutes sortes, biens et choses. L’humanité est d’être vivant, d’aimer la vie et d’en faire don en partageant ce bonheur de la vie en soi.
En d’autres termes, être humain, c’est “être dans l’affectif. “

Fanja Randriamanjato juillet 2016

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10 RAISONS POUR LESQUELLES L’ETHIQUE A BESOIN D’ETRE ENSEIGNEE DANS LA PRATIQUE DU SOIN PERINATAL

  1. Le questionnement éthique revient à placer la relation à l’humain au premier plan du soin.
  2. Le questionnement éthique revient à replacer l’homme, la femme et leur enfant à leur place, c’est-à-dire celle d’humain singulier digne de respect, auteur de sa propre vie.
  3. Le questionnement éthique revient à placer le praticien en position de placer plus d’intérêt au devenir de la personne soignée. S’intéresser à ce devenir veut dire accompagner.
  4. Comment les parents s’imaginent ou se voient dans le processus d’accouchement ou de leur fonction parentale n’a rien à voir avec la réalité des accouchements ou des parents telle qu’elle existe aux yeux des praticiens.
  5. La manière d’être, de dire et de faire du praticien donne plus d’effet thérapeutique sur la personne que la technique en soi ou la pratique utilisée pour prendre soin. Elle influence le vécu affectif.
  6. Le vécu affectif est ce qui nous rend profondément humain. Eprouver des sensations, des émotions et des sentiments satisferont ce qu’une personne vit quoiqu’il se passe, qu’il soit adulte ou enfant.
  7. Le questionnement éthique place le praticien en position d’appui, de soutien dans le respect du rythme qui est propre à  l’autre. Il place et guide  les parents comme le premier soutien de leur enfant.
  8. Le questionnement éthique ne place pas la demande ou la non demande d’un bien-vivre comme une capacité des parents, du bébé à être ou pas un humain responsable.
  9. Le positionnement éthique nécessite que le praticien abandonne sa position d’expert qui fixe les règles du bien vivre, mais plutôt qu’il contribue à créer les conditions qui permettront à chaque personne, parent ou bébé, de déployer sa propre vie.
  10. Le bébé nait avec un potentiel génétique et humain. Tout l’environnement de sa naissance va contribuer à influencer sa future existence. D’une certaine façon, chaque crise existentielle d’un humain lui fera revivre les conditions de sa naissance et de  ses premières années de vie. Le questionnement éthique permet de contribuer à la construction de l’être conscient de sa propre vie dès son commencement.

Fanja Randriamanjato, écrit le 9/04/2016

 

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Les 10 clés pour surprendre pendant les cours de préparation à la naissance et la parentalité (PNP)

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  1. Au début de la séance, commencez par donner la parole aux parents participants
  2. Utilisez plusieurs moyens de communication pour leur faire comprendre le contenu (un tableau effaçable (MUR) avec des schémas ou mots importants, des accessoires (bassin, poupons, balle…) et des récits d’histoires parlantes racontés sans drame…
  3. Utilisez votre histoire personnelle (en tant que parent ou enfant) pour donner des exemples.
  4. Utilisez l’expérience de votre quotidien professionnel pour emmener les parents participants dans les situations réelles.
  5. Laissez les questions des participants décider du contenu, mais gardez en tête là où vous voulez les emmener, en les contenant dans le sujet et en gardant une attitude intégrant toutes les personnes constituant le groupe.
  6. Sachez poser des questions clés qui guident les parents participants vers une réflexion personnelle et plus profonde.
  7. Faites preuve de respect et de prudence face aux réponses des parents participants. Considérez qu’il n’y a pas de bonnes et de mauvaises réponses.
  8. Soyez clair(e) avec votre BUT : amener les parents participants à découvrir, autour de la thématique du cours, ce qui est en LEUR POUVOIR ou ce qu’ils sont capables de SE PERMETTRE pour vivre au mieux l’accouchement ou l’accueil de leur enfant.
  9. Soyez clair(e) dans le BUT ULTIME de cette approche pédagogique : permettre aux parents participants de découvrir comment ils peuvent déjà investir leur fonction parentale.
  10. Le PLUS IMPORTANT, soyez avant tout une PERSONNE à part entière qui GUIDE les parents. Positionnez-vous en tant que TELLE, authentique, conscient de ses propres choix  et de celui des autres, doué d’un bon sens raisonnable,  sans jugement et OUVERT au dialogue.

Fanja R andriamanjato écrit le 08/04/2014

Crédit photos : DIDIER NADEAU photographe

 

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Le féminin sacré et le girl power

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(Image : Les dessous de Karen)

Le féminin sacré et le girl power sont le pôle Nord et le pôle Sud d’une même entité, l’expression de la femme.

Le point commun de ces deux aspects est la Force de Vie, le Mouvement.

Dans le féminin sacré, la force prend sa source dans la profondeur, dans le naturel, dans le retour à l’intérieur de soi, dans le magnétisme.  Ce mouvement vient de l’intérieur, amené par l’intuition.

Le girl power, la force va se trouver dans le brillant de la surface, des formes généreuses et cliquantes, en somme ce qui donne de l’éclat. Ce mouvement vient de l’extérieur, amené par le monde social.

Ces deux chemins passent par le corps feminin, territoire indiscutable cette  Force de vie de la femme.

D’une certaine façon, ces deux aspects s’opposent dans leur mode expression, voire même se repoussent ou s’attirent.

 

 

auteure